Fiche du produit

GEORGES DE NANTES,
docteur de la foi catholique

CRC Catégorie : LIVRES
Date : Août 2012
Auteur: Frère Bruno Bonnet-Eymard
   
Détail : Un volume, 576 pages, 127 illustrations, broché. Éditions CRC, 2012.
 

Abbé Georges de NantesC’était en octobre 1953, au collège Saint-Martin-de-France, à Pontoise, le jour de la rentrée. Nous avions passé la grille d’honneur et lui, au-delà du grand parterre à la française, sortait du château. « Qui est cet abbé ? me demanda maman, oh ! ce n’est pas quelqu’un d’ordinaire ! »

Elle, qui était tout intuition, avait reconnu, d’aussi loin qu’elle l’avait aperçu, le prêtre et l’ami que Dieu destinait à son âme, à sa famille, à ses enfants, et jamais sa fidélité ne faillit, ni sa confiance, ni son admiration. « Si un incendie devait ravager la maison, me dit-elle un jour, la première chose que je sauverai, ce sont les Lettres du Père de Nantes. » Et sa fidélité demeure le plus riche testament qu’elle légua aux siens et à beaucoup de ceux qui l’ont connue et aimée.

Qu’y avait-il donc de “ pas ordinaire ” chez celui qui deviendrait bientôt “ notre Père ” ? Je crois que c’est d’abord l’amour qu’il nous donnait de notre plus bel héritage : ayant vécu nos premières années sous le gouvernement du Maréchal, nous l’avions naturellement aimé, mais lui, le Père, nous en donnait les raisons, et quel honneur c’était de défendre sa mémoire tandis qu’il mourait ignominieusement en prison. Notre grand-père, officier de l’armée de l’air, avait dénoncé Pierre Cot pour le sabotage de nos avions sous le Front populaire et fait mettre les traîtres en prison : lui, le Père, nous expliquait cette immense trahison qui devait livrer notre pays au communisme, et “ bon papa Daubresse ” devenait un héros à nos yeux. Ainsi nous faisait-il aimer notre tradition familiale et « prendre parti hardiment », nous faisant comprendre que la vie n’est pas neutre.

Ainsi, à l’école de “ l’abbé ”, nous « pesions que c’est » d’être nés français et catholiques et que la vie était belle avec un tel patrimoine à défendre et à faire fructifier, et sous une telle conduite et direction ! Mais lui, cela nous le comprendrions peu à peu, n’exerçait sur nous un tel attrait que parce qu’il se voulait, et qu’il était, par toutes les fibres de son âme, fils et héritier. Héritier du cœur de son père, le commandant Marc de Nantes, de la sagesse de sa mère, du dévouement des Frères des Écoles chrétiennes et, nous le découvririons bientôt, de l’intelligence et de la science inépuisable de “ l’incomparable ami ” qui, depuis le séminaire, avait formé son jugement et l’avait instruit, averti, de toutes choses divines et humaines.

Aussi, quelle inquiétude, quel désarroi, le jour où il me dit sa résolution d’entrer au Carmel. Plus secret que le secret d’Amicus, y avait-il donc un attrait divin qui parlait plus fort, en ces années de guerre, que la défense de l’Indochine et de l’Afrique françaises ? De sa personne, il est vrai, rayonnait, depuis le premier jour, une foi qui le jetait à genoux pour la prière au début du cours et qui nous tenait sages pendant sa Messe, une foi que nous comprenions aussi solide que toutes les vérités qu’il nous enseignait. À son école et à son exemple passait en nous la conviction que tout était vrai et souverainement aimable dans notre religion : il n’y avait donc qu’à suivre, qu’à le suivre lui et, par lui, les maîtres de sa vie d’esprit, et Jésus le Maître des maîtres.

Du Carmel il nous revint, jugé indésirable. Le trésor de grâces et de civilisation qu’il nous découvrait était contredit, méprisé, trahi au nom même de l’Évangile « au point de tromper les élus eux-mêmes ». C’est ce trésor, que déjà nous aimions, qu’il faudrait défendre, et quoi de plus exaltant que de se battre pour ce qu’on aime, pour ceux qu’on aime ?

L’amour était entré dans notre vie, avec le désir du plus haut service, jusqu’au sacrifice. L’amour de la famille s’étendait à la France dans sa vocation civilisatrice et missionnaire, et cela s’appelait alors l’Algérie française, l’Algérie du Père de Foucauld, à sauver et maintenant à reconquérir.

« Qui est cet abbé ? » « Eh bien, un grand mystique, maman ! » un mystique “ total ”, qui réalise à la fois et dans un même élan d’amour l’idéal du moine et celui du missionnaire, « prêt à aller jusqu’au bout du monde et à vivre jusqu’à la fin des temps » pour l’extension du Royaume de Dieu. Moine par son identification au Christ, mais au Christ vivant, au Christ missionnaire, le grand missionnaire eucharistique, à l’école du Père de Foucauld.

 
DEVISE :
PRIX du livre broché : 25.00 €
 
livre broché